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Le couple en mars : pourquoi ce mois est-il souvent un point de bascule ?

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Le printemps arrive...mars est souvent perçu comme le mois du renouveau, celui où les premiers bourgeons apparaissent et où les jours rallongent de façon significative. Pourtant, dans l'intimité des foyers, la réalité est parfois moins printanière. Pour de nombreux couples, mars représente une zone de turbulences, un moment charnière où les tensions accumulées depuis le début de l'année finissent par déborder.

Si vous ressentez une certaine irritabilité, une baisse de désir ou un silence pesant au sein de votre relation en ce moment, sachez que vous n’êtes pas seuls. Comprendre les mécanismes psychologiques et saisonniers à l'œuvre peut aider à déculpabiliser et à transformer cette crise passagère en une opportunité de croissance

Le contre-coup des résolutions et la fin de l'euphorie

Le mois de mars agit comme un miroir déformant sur nos attentes de début d'année. En janvier, nous sommes portés par l'énergie des bonnes résolutions : "On va communiquer davantage", "On va se réserver une soirée par semaine", "On va faire plus de sport ensemble".

Arrivé en mars, le constat est souvent plus amer :

  • L'usure du quotidien : La routine a repris ses droits. Les obligations professionnelles, la gestion des enfants et les tâches domestiques ont grignoté l'espace que l'on pensait avoir sanctuarisé.
  • L'épuisement hivernal : Nous sortons de longs mois de grisaille. Le manque de lumière (vitamine D) influe directement sur notre sérotonine, l'hormone de l'humeur. En mars, les batteries sont à plat, et c'est souvent le partenaire qui devient le réceptacle de cette fatigue nerveuse.
  • La désillusion : On réalise que les problèmes qui étaient là en décembre ne se sont pas envolés avec le changement d'année. Cette prise de conscience peut générer une forme de ressentiment envers l'autre.

L’érosion de l’intimité : désir en berne et silences pesants

C’est souvent durant ce mois que les couples consultent pour une baisse de libido ou une communication rompue. Pourquoi maintenant ?

Le désir n'est pas un automatisme

Dans une période de stress et de fatigue accumulée, le désir sexuel est souvent la première variable ajustée à la baisse. Le corps, en mode "survie" face au rythme effréné du quotidien, ne priorise pas l'érotisme. Le danger ici n'est pas l'absence de rapports en soi, mais la perte de connexion émotionnelle qui l'accompagne.

L'irritabilité comme mode de communication

Quand on ne sait plus comment dire son besoin d'attention ou son épuisement, on finit par s'exprimer par des reproches sur des détails insignifiants : une vaisselle non faite, un retard de dix minutes, un ton de voix. Ces micro-conflits sont les symptômes d'une frustration plus profonde.

Le silence : Le "bruit" le plus assourdissant

Plus grave que la dispute, le silence s'installe parfois. On n'ose plus aborder les sujets qui fâchent de peur de déclencher une tempête, alors on se mure dans une indifférence protectrice. On vit côte à côte, mais plus ensemble.

Déconstruire l'idée de l'échec : c'est une phase, pas une fatalité

Il est crucial de changer de regard sur cette période. Traverser une crise en mars ne signifie pas que votre couple est un échec. Au contraire, c'est souvent le signe que votre relation est "vivante" et qu'elle cherche à s'adapter à de nouveaux besoins.

Le couple est un organisme dynamique. Comme les saisons, il connaît des cycles d'expansion et de repli. Mars est simplement la fin d'un hiver intérieur qui demande à être évacué pour laisser place à autre chose.

Accepter que le désir puisse fluctuer et que la communication puisse s'enrayer est le premier pas vers la résolution. Le conflit, lorsqu'il est médiatisé et compris, est un moteur de transformation. Il permet de mettre à plat ce qui ne fonctionne plus dans le "contrat" implicite du couple.

Comment traverser mars et préparer le printemps ?

Voici quelques pistes pour apaiser les tensions actuelles :

  1. Reconnaître la fatigue mutuelle : Au lieu de se pointer du doigt, essayez de dire : "Je sens que nous sommes tous les deux épuisés en ce moment." Cela replace le problème à l'extérieur du lien.
  2. S'accorder des moments de "décompression" individuelle : Pour être bien à deux, il faut d'abord pouvoir respirer seul. Ne vous sentez pas coupable de prendre du temps pour vous.
  3. Réinvestir le tendresse non sexuelle : Un baiser long, une main sur l'épaule, un message bienveillant dans la journée. Ces micro-connexions maintiennent le fil rouge de l'attachement sans la pression de la performance.
  4. Parler du "Nous" : Prenez un moment, hors de la chambre à coucher et des repas familiaux, pour exprimer vos ressentis sans accuser l'autre (utilisez le "Je").

Sortir de l'impasse: quand le regard d'un tiers devient le levier du changement

Parfois, malgré toute la bonne volonté du monde, la boucle de communication est si verrouillée que les mêmes reproches tournent en boucle. On a l'impression de parler une langue étrangère à celui ou celle qui partage notre vie. C’est précisément là que l’espace thérapeutique prend tout son sens : il offre un terrain neutre, hors du champ de bataille du quotidien.

En tant que thérapeute, mon approche ne se limite pas à "arbitrer" un conflit. Elle consiste à croiser les regards pour dénouer les nœuds là où ils se trouvent :

·         Comprendre ce qui se joue dans l'ombre : Souvent, une dispute sur une tâche ménagère en mars cache une blessure plus ancienne ou un schéma inconscient que nous portons depuis l'enfance. La psychothérapie permet de mettre des mots sur ces silences.

·         Réapprendre le dialogue : La thérapie de couple aide à traduire vos émotions pour qu'elles soient enfin entendues par l'autre, sans que cela ne finisse en déflagration.

·         Libérer l'intime : La sexothérapie permet d'aborder la question du désir et du plaisir avec une approche décomplexée, pour retrouver cette connexion corporelle souvent malmenée par le stress de l'hiver.

N'attendez pas que le silence devienne un mur infranchissable. Mars, avec sa lumière qui revient, est le moment idéal pour faire ce "ménage de printemps" émotionnel.
Que ce soit pour entamer un travail à deux ou pour faire le point individuellement sur votre propre épanouissement, chaque pas vers la parole est un pas vers un renouveau.

Et si ce mois de mars était, pour vous, le point de départ d'un équilibre plus serein ?
 


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